[Interview] French music festival ‘Les Rencontres Trans Musicales’ on SA’s Okmalumkoolkat & TBMO

 


“Une musique qui ne ressemble pas à autre chose” | “Music that doesn’t sound like anything else”

– Scroll down to read the interview in English –

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[FR] Les 37èmes Rencontres Trans Musicales auront lieu, comme chaque année, à Rennes, au début du mois de décembre. Depuis 1979 le festival offre au public une sélection éminente des courants off-beat de la scène musicale internationale, ayant révélé des artistes comme Bjork, Daft Punk ou encore Stromae. C’est un festival avant-gardiste qui anticipe les nouvelles tendances et révélations musicales. Si jamais vous cherchiez à vous mettre a la page, sachez que les Trans ont déjà un tour d’avance.  Plusieurs artistes sud-africains ont fait leur apparition sur les scènes des Trans, comme Petite Noir en 2012, Tumi Mogorosi en 2014, ou encore Prophets of Da City en 1995… Cette année, les précurseurs de la scène musicale de Johannesburg, comme Okmalumkoolkat, The Brother Moves On et Kaang, monteront sur scène le 5 décembre. 

PARISSOWETO s’est entretenu avec Jean-Louis Brossard, directeur artistique et programmateur depuis la création du festival. C’est un véritable découvreur de talents – ‘talent’, dans le sens d’authenticité et de nouveauté – car il observe et choisit ses artistes avec beaucoup de soin.  L’innovation et l’énergie étant sans doute ses principaux critères de sélections. On lui a demandé ce qu’il aimait chez les groupes sud-africains à l’affiche de cette édition du festival. Voici l’interview:


okmalum
Okmalumkoolkat

PARISSOWETO: Cette année il y aura Okmalumkoolkat, The Brother Moves On et Kaang de Johannesburg aux Rencontres Transmusicales. Comment l’existence de groupes étrangers inconnus sur le sol Français vous vient aux oreilles ? Comment est-ce que vous avez fait pour les découvrir et les programmer ?

Jean-Louis Brossard: « The Brother Moves On, c’est un agent avec qui je travaille assez souvent, il s’appelle Kolia. Il m’a envoyé du son et je suis surtout allé voir des vidéos, parce que pour moi c’est d’abord un groupe live. T’as tous ces mélanges, de structures jazz, de funk, de soul, de danse… Pour moi c’est vraiment un spectacle, plus qu’un concert quelque part. Okmalumkoolkat c’est un artiste qui m’avait déjà interpellé par des sons sur un blog, et je suis allé le voir à Brighton, au Great Escape, donc il faisait son concert avec les deux DJs autrichiens. Ça m’a beaucoup plu. Mais j’avais déjà booké le mec avant, mais je suis allé voir le concert quand même et j’ai pas été déçu. Il arrive à faire chanter les gens dans sa langue, et tout ça, devant un public anglais. Le mec il a une très très belle présence sur scène. Il dégage beaucoup de sympathie. »

Qu’est-ce ces groupes apportent au festival  Trans Musicales ?

« Je ne sais pas, leur énergie, leur originalité… Moi, ce qui m’importe c’est trouver les artistes qui font une musique qui ne ressemble pas à autre chose, c’est ce que j’avais aimé avant chez DJ Mujava ou Tumi Mogorosi, un batteur que de jazz j’avais fait l’année dernière, par exemple, dans les artistes sud-africains. Prophets of Da City était un des premiers groupes de rap sud-africains en ’95 aux Trans, c’était au siècle dernier ! [rire] »



La musique sud-africaine est actuellement très présente dans la programmation des festivals français. Quelles sont vos impressions de la scène musicale sud-africaine ?  Est-ce que vous suivez ce qui se passe là-bas ?

« Moi j’écoute des trucs de partout… Après, ça peut venir de n’importe quel pays, donc il y a des choses qui sont plus ressenties. Par exemple un groupe comme Skip & Die, la chanteuse est sud-africaine mais elle vit en Hollande donc c’est encore différent… mais il y a quand même des rythmes qui peuvent se rapprocher effectivement des rythmes africains. Quand je me rappelle des BLK JKS que j’avais fait à une époque, il y avait un côté très très rock, qui partait complètement dans une autre direction que la musique –je veux pas dire traditionnelle mais un peu quand même—de là-bas. Après c’est des pays de musique, il y a des pays où il y a vraiment beaucoup de choses, mais on n’a pas toujours l’info… Il y a des trucs qui sont mainstream comme partout, il y a des choses qui m’intéressent pas non plus… »

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Spoek Mathambo & Fantasma
Est-ce que vous discernez une originalité particulière chez les groupes sud-africains qui seront aux Trans Musicale cette année ?

« Il y a un côté sur les textes, il y a un côté assez hip-hop…où on chante dans sa langue aussi. Entre Prophets of Da City, Spoek Mathambo et Okmalumkoolkat… il y a ce côté-là de s’exprimer, c’est une musique qui est très très différente. Après, c’est des gens qui ont beaucoup bougé aussi, comme Spoek, ils sont allés aux Etats-Unis, en Europe aussi. Enfin c’est des gens qui ont écouté d’autres sons que les sons de chez eux. C’est pour ça qu’ils arrivent à faire quelque chose d’assez mélangé, et des fois même t’en oublies que le groupe est sud-africain… Pour moi, The Brother Moves On est un groupe qui représente vraiment l’Afrique du Sud. Moi quand je les ai découverts c’était plus sur des vidéos où tu les vois dans un local de répét’, ou un petit concert… »

Qui programmerez-vous bien l’année prochaine ?

« Je me suis pas encore penché sur la prog de l’année prochaine, mais je suis tout ouïe pour écouter des nouvelles choses d’Afrique du Sud, si tu peux d’ailleurs m’aider dans ce sens ça serait avec grand plaisir… ! »


[English Version]

TransMusicales2015

The annual festival of underground revelations, Les Rencontres Trans Musicaleswill be held for the 37th time in Rennes, France, in December 2015. Since 1979, the festival prides itself in being in tune with the off-beat pulse of the international music scene, having spotted several talents (Bjork, Daft Punk, Stromae) before they hit it big. It is a festival that is ahead of the times, anticipating trends. If there is a bandwagon to jump on, the Trans Musicales would already be a lap ahead. Many South African acts have been doing their rounds at the Trans Musicales over the years, including Petite Noir and Tumi Mogorosi. This year is no different as Okmalumkoolkat, The Brother Moves On and Kaang are set to hit the festival in two weeks’ time.

PARISSOWETO caught up with the festival’s artistic director, Jean-Louis Brossard, who has been at the helm of the festival’s line-up since its inception. He is a genuine talent scout – ‘talent’ in the sense of authenticity, novelty – and handpicks every artist. It is apparent that innovation and energy are central to what he looks for in otherwise unknown bands. We chatted to him about what he liked about the South African artists he’s booked at the festival this year.


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Siya Mthembu from The Brother Moves On (photo credit: Laura McCullagh, Texx and the City)
PARISSOWETO: This year Okmalumkoolkat, The Brother Moves On and Kaang will represent South Africa at the Rencontres Trans Musicales. How do you find out about these groups and what pushes you to book them?

Jean-Louis Brossard: The Brother Moves On was through an agent with whom I work quite a lot. His name is Kolia; he sent me their music and I particularly looked at their videos, because for me, it is above all a live band. You find all this blending of structures, of jazz, funk, soul, and dance… For me it’s really a performance, more so than a show, in a sense…

Okmalumkoolkat is an artist that had already left an impression on me when I discovered a few tracks on a blog, and I went to go seem him in Brighton, at The Great Escape where he played with two Austrian DJs. I really liked it. I actually booked the guy before going to the show, but I went anyway and I was not disappointed. He manages to make people sing in his language, and this was in front of an English crowd. The guy has incredible stage presence. He has a very likeable vibe.”

What do these artists contribute to the Trans Musicales line-up?

“I don’t know… Their energy, their originality… The most important thing for me is to find artists who make music that doesn’t resemble anything else. It’s what I loved before in DJ Mujava or Tumi Mogorosi, a drummer I booked last year, amongst the South African artists. Prophets of Da City were one of the first South African rap groups, in ’95, at the festival…. That was last century!” (laughs)

South African music seems to be quite present at French festival line-ups. What are your impressions of the South African music scene? Do you follow it at all?

“I listen to things from all over… After all, it can come from anywhere… so there are things that are  felt more than others. A group like Skip & Die for example – their singer is South African but lives in The Netherlands, so it’s a bit different, but there are still rhythms that are close to African rhythms. When I think back to the BLK JKS who I booked at a stage, there was a rock vibe, but it went in a completely other direction than the–I don’t want to say traditional—music from there. But these are musical countries, places where lots of things are happening, even though we don’t always hear about it. There are things that are mainstream like everywhere else, there are things that I don’t particularly like either…”

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Do you discern a particular originality among South African artists like the ones at this year’s Trans Musicales festival?

“There is a certain aspect to the songwriting and there’s also this hip hop aspect…and where the artists sing in their language. Between Prophets of Da City, Spoek Mathambo and Okmalumkoolkat, there’s this way of expressing oneself…the music is just very different. But these are also people that have moved around a lot, like Spoek who went to the States for a bit, and to Europe as well. These are people who listen to different things from different places. This is why they manage to do something that is quite mixed and blended, and sometimes you even forget that it’s a South African act…

For me, The Brother Moves On is a band that really represents South Africa. When I discovered them, I preferred the videos where you see them at band practise or at a small show…”

Who would you like to book in the future ?

“I haven’t thought about next year’s line-up yet… But I am all ears for listening to new things from South Africa. So, if you could help me out with some ideas that would be great!”


Interview & Translation by Jannike Bergh

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